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Rencontre avec Isaac Delusion

La semaine dernière, les Isaac Delusion revenaient à Bordeaux pour un excellent concert au Krakatoa, et Antoine Pihen vous raconte le concert ici .
Quant à nous, on a profité du concert pour rencontrer Bastien, Loïc, Nicolas et Jules et leur poser quelques questions sur leurs ambitions, leur futur et leur vision de l’industrie musicale d’aujourd’hui.

 

 

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Photos by Agnes Costa - Konbini

 

Start It : Salut ! Tout d’abord, est-ce que vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?


Loic : Alors moi je suis le chanteur, je fais de la guitare, et j’ai une part importante dans la composition des morceaux.
Jules: Moi je suis aux machines sur le live, je joue un peu de guitare et de clavier en live et je compose avec Loic.
Nicolas : Moi je suis le bassiste, je danse le zouc (rires) et je compose les lignes de basse.
Bastien : En ce qui me concerne je joue de la guitare, du clavier, des percussions et je travaille les arrangements.

 

SI : On sait que c’est difficile de donner ses influences musicales, alors on a choisi de vous proposer des dilemmes, pour mieux vous cerner. On commence classique : Beatles ou Rolling stones?


Isaac Delusion : Beatles !
L: C’est dur de répondre, c’est un peu la douceur contre le côté sauvage, et nous on préfère peut être la douceur poétique.


SI : Alt-J ou Foals?


Isaac Delusion : Alt-J
N : Même si j’aime beaucoup Foals !
L : Quoi que, pour Foals comme pour Alt-J, le premier album était très bien, mais j'ai moins aimé les suivants. On attendait beaucoup du dernier album d’Alt-J mais on est assez déçus.


SI : Sigur Ros ou Radiohead ?


N : OUUUUTCH ! C’est différent mais les deux sont très bons.
L : Je ne peux pas répondre, joker ! J’aime autant les deux projets !
J : Je dirais quand même Radiohead parce que je les ai plus écouté.

 

SI : On change de registre : Glastonbury ou Coachella ?

 

L : Glastoachella (rires) mais je dirai quand même Coachella parce qu’on peut jouer en claquette et faire des barbecues pendant le concert.

 

SI : Soyons sérieux, vous revenez de plusieurs dates à l’étranger, votre ambition est plutôt de vous faire une place en France ou plutôt de vous faire connaître à l’étranger ?


J : On a très envie de marcher à l’étranger, mais tous les groupes ont envie de ça. C’est bien de tourner en France et de se faire un vrai nom mais on peut rester bloqués quand on commence à avoir plusieurs albums, on peut devenir un groupe franco-français, remplir des grandes salles mais pas réussir à s’exporter donc forcément c’est un objectif pour nous, que ce soit en Angleterre, aux USA ou en Asie.


SI : Parce que pour un jeune groupe, vous avez déjà la chance de tourner beaucoup à l’étranger…


J : Le problème c’est que quand on n’est pas présent vraiment sur un territoire, c’est dur de pérenniser le succès, il faut réussir à rester, revenir donc tourner dans le monde entier en permanence, ce qui est plutôt une bonne chose !
B : Ca nous plait bien comme idée !

 

SI : Vous avez passé pas mal de mois en studio pour préparer votre album, et vous avez enchainé avec un peu plus d’un an de tournée, comment avez-vous ressenti le passage du studio à la scène ?


J : En fait, les morceaux qu’on a enregistré en studio sont des morceaux qu’on jouait déjà beaucoup en live, donc c’était plutôt l’inverse, on est passé du live au studio. La différence venait de la difficulté de retranscrire une énergie qu’on avait trouvé en live, en studio. Donc c’était ça le challenge. Tout part surtout de la scène en fait, ce soir on va jouer des morceaux qui ne sont pas encore sortis, on les test en fait.
B : Après ils vont encore rechanger, au fil du temps.

 

SI : Vous êtes venus faire un concert à la rock school Barbey en Novembre, on a vécu un concert exceptionnel, l’ambiance était folle… Pourquoi selon vous ?


J : C’est simple, on venait de Toulouse la veille, c’était un concert catastrophique, rien n’avait marché, la table, l’ingé son, nos machines, tout à planté, c’était un bordel général et on est arrivé le lendemain à Bordeaux. On a voulu prendre notre revanche et on en a un souvenir mémorable aussi.
B : Le public a joué le jeu aussi !
J : A chaque fois qu’on a joué à Bordeaux, c’était la folie ! On n’avait pas d’apriori à propos du public bordelais, au contraire on est toujours impatients de jouer à Bordeaux.

 

SI : On va parler industrie musicale maintenant, vous arrivez dans une période un peu délicate, les sources de revenus des artistes sont majoritairement issus du live et le streaming ne rémunèrent pas beaucoup voire pas du tout… Qu’est ce que vous pensez en tirer ? C'est un bon moyen pour se faire connaitre ?


J : Tu veux, dire, faire plus de concert pour plus d’argent ? Travailler plus pour gagner plus quoi ? Blague à part, on a besoin de faire du live, c’est un gros kiff de faire du live, qu’on soit entre nous, avec le public, qu’on nous découvre.
B : C’est pas vraiment réfléchi, mais le but c’est d’être intermittent, le live nous fait gagner la majeure partie de nos revenus, on a la chance d’avoir ça en France. C’est ce que tout artiste essaye d’atteindre. Nous on est intermittents depuis 2 mois, ça nous permet d’avoir une stabilité, d’être un peu plus confiants en rentrant en studio pour le deuxième album, sans se dire qu’on va passer 3 mois en studio sans savoir comment on va faire pour manger et payer notre ingénieur du son. C’est important, mais ce n’est pas un calcul.

 

SI: Mais est-ce que c’est dur aujourd’hui de vivre de la musique pour un jeune groupe ?


ID : Oui c’est très dur.
L : Ce qui est dur c’est le passage du groupe un peu lambda au groupe reconnu. Il y a beaucoup d’activités, surtout à Paris, beaucoup de styles différents… Beaucoup de groupes sont sur le même piédestal et peu d’entre eux sortent du lot. Nous on a eu la chance de sortir du lot mais ça n’a pas été le cas de plein de nos amis qui doivent faire les mêmes salles à l’infini, et c’est ça qui est dur, c’est de passer au niveau supérieur. C’est par rapport aux gens que tu rencontres, aux choix que tu fais, c’est assez complexe en fait, c’est pas qu’une question de talent.


SI : Alors pour vous, qu’est ce qui a déclenché votre succès ?


L : Je pense que c’est une combinaison de plein d’éléments différents, on est arrivés au bon moment, les gens avaient envie d’entendre une musique comme ça et on a eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui nous ont donné l’élan nécessaire pour pouvoir jouer devant des gens importants.
B : On est beaux gosses !
L : On couche aussi ! Non mais c’est un sujet très complexe dont on pourrait parler longtemps. Mais bien sûr on est très chanceux, après il y a beaucoup de travail derrière mais c’est un gros coup de chance et faut savoir rebondir quand t’as ces opportunités. Notre première opportunité, c’est quand on est passé sur Nova, c’était la première radio à vouloir nous passer et vouloir faire notre promo. Après on a réussi à cartonner en live et faire notre place dans la masse de groupes français. A ce niveau-là la moindre erreur peut être fatale, un concert important foiré peut être néfaste pour le projet, faut pas se casser la gueule et rester soudés.

 

SI : Vous avez évolué par étapes en sortant deux EP, qu’est-ce que la sortie de l’album a changé dans votre carrière ?


L : Déjà, c’est un album qu’on a composé à 4 alors que les EP étaient plus un projet de Jules et moi et Nico a participé un peu à la basse. C’était de la composition en binôme. L’album est vraiment une compositon à 4 entités différentes, on a tous apporté notre ingrédient perso, on a recherché des influences. C’est un premier album donc il est assez naïf et jeune. On a creusé dans pas mal de directions sonores, et maintenant on a gagné en maturité avec la tournée et le deuxième album sera très intéressant. Il sera moins dans la recherche mais plus dans le son qu’on a trouvé grâce au live.
N : L’album nous a aussi permis de faire une tournée.


SI : Oui parce que certains festivals ne prennent que des groupes qui ont déjà un album...


J : Ça nous a donné une certaine crédibilité, certains gros festivals ont beaucoup plus de mal à prendre un groupe qui n’a jamais fait d’album. Quand tu sors un album qui plait, ça aide beaucoup forcément.


SI : Pour le deuxième album, vers quoi vous voulez aller, rester sur ce que vous faites déjà ou expérimenter de nouvelles choses ?


L : On va essayer de faire un album qui nous ressemble plus. Là on se concentre sur un son, un univers et même un visuel. Ce qui est intéressant c’est la complémentarité d’un projet et le côté où le visuel correspond avec la musique, où on a une image sonore. C’est ce qu’on essaye d’atteindre, aujourd’hui on a encore beaucoup de travail sur le côté visuel, image et sur le message qu’on veut véhiculer. Le deuxième album ressemblera à Isaac Délusion.


SI : Un peu comme ce que fait Breton ?


L : Oui voilà, super exemple, ils ont un univers, tout est carré. C’est leur deuxième album, ils ont muri. Ils ont fait de la route. C’est ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est d’avoir une patte musicale et visuelle. Par exemple, je ne suis pas fan de Stromae, mais j’admire son travail ! C’est hyper complémentaire, il a un personnage, un univers, ses clips, ses costumes sont cools, il a réussi à créer un espèce d’empire autour de sa musique. C’est un peu mainstream ce qu’il fait mais il y a une recherche derrière et c’est un exemple à suivre pour créer un projet intéressant. On peut plus se contenter de faire que de la musique si on veut se différencier de la masse.

 

SI : Pour finir, une anecdote de tournée ou de studio ?


B : Toulouse !
L : Ah si, on a oublié notre bassiste (Nicolas) à une station-service et on a mis 20 minutes à s’en rendre compte !
N : Je me demande où est ma place dans ce groupe…
J : On était beaucoup dans le van, il est rentré il est sorti, on s’est regardé en se demandant qui l’avait caché !

On remercie grandement Isaac Delusion d’avoir accepté de répondre à nos questions. On a passé un excellent moment et on est certains que le groupe arrivera au bout de ses ambitions.

 

 

 

Interview réalisée par Quentin Delbecque et Mathilde Kawczynski

Publié par Mathilde Kawczynski le 07/05/2015 à 15h28

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