logo
Start HIT, la webradio de Kedge BS
Accueil
share

Kaaris, l’haltérophile aux rimes de plomb

 

C’est sur la scène du Rocher de Palmer que la masse de muscles en mouvement qu'est Kaaris a déambulé. On l’a retrouvé à Bordeaux à l’occasion de sa tournée pour son 270 Tour. K double Rotor nous a livré une réelle performance d’haltérophile qui soulève des rimes de plomb envoyées comme des brûlots. Une voix puissante, un corps qui en impose, un visage fermé : il n’est pas là pour rire, il pèse et il le sait. ZOO a suffit pour le justifier, il est officiellement certifié classique par le peuple et se dresse aujourd’hui comme le nouveau Boulbi de Booba.

 

kaaris-l-halterophile-aux-rimes-de-plomb-1431350540.jpg

 

Dans la fosse, le public connait les paroles par coeur et il est clair que ses punchlines sont devenues cultes. Le plus impressionnant dans ce genre de concert c’est l’ambiance. Ici la musique se vit en groupe et au corps : les fans hurlent à s’en perforer les poumons, chantent haut et fort, sautent ensemble et éclatent de rire et de joie. On y voit peu de filles – rien de surprenant diront certains – mais surtout beaucoup d’enfants… des petits jeunes qui n’ont même pas la douzaine, qui se battent pour être au premier rang et qui scandent : “leur grosse pute de daronne est féconde”… d’accord. Kaaris exprime la convivialité à sa manière, et celà leur convient très bien.

Aux premiers abords, on a l’impression que Kaaris appelle à la haine avec style et charisme, “Fuck le SMIC”. Mais on se rend rapidement compte que tout celà n’est que le jeu du rap, et que ce n’est qu’une forme d’art au même titre que l’audace dadaïste de Marcel Duchamp, l’insolence d’Andrès Serrano qui arrose le Piss Christ, l’outrance de l’Actionnisme Viennois ou encore le réalisme de Larry Clark sur les dérives adolescentes. Ce qui est amusant c’est de voir ces kilos de muscles sur lesquelles ont a posé une paire de lunette et une barbichette bien taillée s’intéresser à son public. Il marque de nombreuses pauses durant lesquelles il tend sa bouteille d’eau à un enfant qui a soif, offre sa serviette suante à une fille qui la lui réclame ou encore s’empare de la Gopro d’un fan pour lui offrir un souvenir mémorable du concert.

 

kaaris-l-halterophile-aux-rimes-de-plomb-1431350517.jpg

 

Des basses violentes qui retournent le crâne, une foule en osmose, un flow qui viole les tympans, des paroles chantées en acapella, du second degré, des références intellectuelles, des propos crus et misogynes; voilà la recette du succès de ce “grand renoi chauve” comme il se décrit lui même.

A la fin du concert une trentaine de “mecs virils” casquette sur la tête et lunettes de soleil sur le nez débarquent sur scène. Ils hochent la tête à la manière de ces petits chiots décoratifs qu’on met à l’arrière de la voiture. De temps à autre ils accompagnent les paroles de KAARIS par des gestes : “ nique ta mère par derrière” (doigt d’honneur), “sors les kalash comme à Marseille” (coups de feu), “et tu twerk, salope” (fessée).

 

kaaris-l-halterophile-aux-rimes-de-plomb-1431350567.jpg

 

La salle ne battait pas son plein contrairement aux autres villes, et ce à ma grande surprise. Peut-être que le public bordelais est moins sensible au rap du bobo parisien aux roots de Sevran…

 

Par Alae Eljai

Publié par Mathilde Kawczynski le 11/05/2015 à 15h00

+ START HIT L'APPLICATION

+ VIDEO KILLED THE RADIO STAR