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Wilder Mind de Mumford & Sons : L'album de la discorde

 

Depuis sa sortie le 4 mai dernier, le 3ème album des Mumfords & Sons, Wilder Mind, déchire la presse musicale et leurs fans. Alors que Pitchfork déteste, Le NME et Rolling Stones crient au triomphe.

 

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C’est vrai, ce nouvel album peut paraitre très surprenant pour les fans de la première heure. Autrefois résolument folk, le groupe est désormais plus rock alternatif, plus électrique. Bye Bye les banjos qui faisaient toute leur originalité, Marcus Mumford et sa bande en ont marre de l’acoustique. Wilder Mind emprunte le lyrisme de Coldplay, les gros riffs de guitares de Kings of Leon et l’émotion touchante de The National. Avait-on besoin d’un énième groupe de ce genre me direz-vous ? Peut-être pas, mais pourquoi toujours s’insurger des changements de style musicaux ? AM, virage musical un milliard de fois critiqué des Arctic Monkeys n’est-il pas considéré comme l’un des meilleurs albums de ces 10 dernières années ? Alors que nous n’apprécions plus, fort heureusement, le même genre de musique qu’il y a dix ans, comment reprocher à un artiste de vouloir, lui aussi, changer un peu d’avis ?

 

Certes, le groupe perd de son originalité, mais celle-ci s’était essoufflée depuis bien longtemps. Alors qu’on s’accorde tous pour dire que le premier album, Sigh no More est excellent, pas sûr que Babel, le suivant, ait spécialement marqué les esprits dans la durée. Le groupe n’aurait certainement pas pu continuer à vivre éternellement des banjos et des accordéons, parce qu’à une époque où les claviers sont rois, on se lasse vite de l’acoustique. Mumford et Sons se réinventent pour mieux survivre, mais, ô joie, ils le font à merveille.


Ce nouveau penchant pour l’électrique a été frappant dès la sortie des premiers single de l’album : on reconnait tout de suite la patte des Mumford sur Believe, grâce à la voix du chanteur Marcus Mumford - dont on ne se lasse décidément pas - mais on est vite perturbés par les guitares, électriques cette fois, qui remplacent les fameux banjos. Mais le titre est efficace, émouvant mais puissant. L’impression se confirme et se renforce sur le deuxième single, The Wolf, visiblement taillé pour les stades. Les riffs de guitares nous réveillent dès les premières secondes, comme pour nous dire, « Eh ouais, on a grandi » et on croirait presque sentir les influences des Queens Of The Stone Age. Les refrains entrainants qu’on adorait chez les Mumford se calent à merveille sur ce nouveau rythme et on a hâte de voir ce que cela donnera en live. Alors que Snake Eyes, excellent morceau, s’inscrit dans la lignée de ses deux prédécesseurs, c’est Hot Gates, quatrième single et dernier titre de l’album qui en dévoile un peu plus sur le reste de l’album. L’émotion des titres des Mumford n’a pas disparu avec les banjos, bien au contraire : la chanson laisse toute sa place à la voix chaude et grave du chanteur pour mieux nous faire frissonner.

 

 

Bref, le nouvel album annonçait de belles surprises et on était impatient de le découvrir. Eh bien c’est chose faite, et on est loin d’être déçu.


On débute avec surement la plus belle chanson de l’album, Tompkins Square Park. Piano, amour perdu et voix brisée, on pense directement à du The National rendu plus vivant par des guitares ronflantes et des percussions lourdes. Et le mélange est plutôt délicieux à entendre, les paroles sont touchantes. Marcus Mumford nous parle d’amour avec douceur et justesse, et les cœurs brisés y trouveront sûrement compréhension et compassion à leur mélancolie. D’ailleurs avec Just Smoke, morceau qui ravira les fans de la première heure grâce à son refrain renforcé par des chœurs comme à leur tout début, Marcus Mumford s’adresse directement à son amour perdu, comme pour utiliser sa musique comme un échappatoire et ce n’est pas Only love et Ditmas qui vont nous dire le contraire. L’amour est décrit dans l’album avec sincérité, authenticité et justesse et c’est surement ce qui fait qu’il soit si émouvant.

 


Si vraiment le Mumford and Sons de Sigh no More vous manque encore, la belle Broad-Shouldered Beasts et sa douce ligne de piano vous consolera avec plaisir, tout comme Ditmas et son refrain fédérateur.


Ce dernier album est certes très surprenant pour du Mumford and Sons, et peut-être qu’il s’ajoute à liste déjà longue des albums de rock alternatifs qui passent en boucle sur nos ondes. Mais ce qu’il y a de bien avec la musique, c’est qu’une seule belle chanson qui se noie dans un millier d’autres qui lui ressemblent peut se pointer au moment de notre vie où on en a le plus besoin, pour mettre des mots sur nos doutes, nos chagrins, mais aussi nos joies et nos espoirs, peu importe ce qu’en pense Pitchfork. Et il se trouve que Wilder Mind est composé de 12 de ces belles chansons et on ne peut pas le lui reprocher simplement parce qu’elles le font sans accordéons et sans banjos. Alors aux détracteurs, on ne dira qu’une chose : Si vous n’aimez pas ce dernier album parce qu’il n’est pas assez folk, alors ne l’écoutez pas. Mais n’écoutez pas non plus les bijoux que sont AM des Artic Monkeys ou Holy Fire de Foals, et tous les autres albums qui vont sortir dans les vingt prochaines années et continuez à attendre des artistes qu’ils composent pendant cinquante ans la même musique, tout simplement parce que c’est celle que vous aimez.

 

 

 

Publié par Mathilde Kawczynski le 17/05/2015 à 19h45

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