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La musique brésilienne d'aujourd'hui

Ah, le Brésil ! Ses plages, sa samba, ses jolies filles, ses agents secrets… Que de stéréotypes ! Bon, c’est vrai que ses plages sont très jolies et que les Brésiliennes ont de jolies paires de fesses, mais le Brésil c’est bien plus que ça. En fait, ce pays ne se limite pas à des choses visibles, écoutables ou palpables. Le Brésil, c’est plus un état d’esprit, un « feeling », voir une redéfinition existentielle de la vie. Non, je n’ai pas eu besoin de prendre du « SVP » pour aller aussi loin dans mes pensées. C’est la musique, meilleure de toutes les drogues, qui m’a le plus rapproché de ses gens, de ses paysages et de son ambiance.

Mais la musique brésilienne, c’est très vaste ! Et quand je dis « vaste », je vais bien plus loin que différents genres de samba. Laissez-moi vous faire voyager brièvement dans l’univers de ces sonorités tantôt chaudes et joyeuses, tantôt possédées par des esprits et à la frontière entre la réalité et le royaume de Dieu, de la funk des favelas au rock paulista en passant par les ballades acoustiques de Gilberto Gil, que les gens écoutent aujourd’hui au Brésil.

 

Le forró
Tout le monde connaît la samba, tout le monde sait que c’est une musique brésilienne traditionnelle. Mais elle est encore dansée aujourd’hui. Mais puisque vous connaissez déjà la samba, laissez-moi vous faire écouter ce sur quoi on danse aussi dans les bars. Ce qui m’est le plus resté dans la tête, c’est le forró, qui se joue avec un accordéon, un triangle et des percussions, qui se chante par un seul chanteur accompagné de chœurs, et qui se danse avec n’importe quelle personne du sexe opposée, que son mari ou sa femme soit dans la salle ou non. Le but de cette danse, c’est de s’amuser, et éventuellement de draguer même si ce n’est pas son but principal. Remarque : voir des jeunes se rassembler tous les jeudis dans des bars pour danser sur de la musique traditionnelle, ça fait plaisir.

 

Le sertanejo
Tout le monde connaît Michel Telo, qui a cartonné dans le monde entier il y a quelques années avec Ai se eu te pego. Cette chanson fait partie de l’univers du sertanejo universitario, dérivé du sertanejo, la musique des « cow-boys » issus de la campagne du Brésil. Aujourd’hui, le premier sertanejo se joue toujours dans des bars, et le sertanejo universitario qui, comme son nom l’indique, s’adresse aux jeunes, et qui est considéré comme une musique commerciale, rassemble des milliers de personnes dans des festivals.

 

Le funk carioca
Aussi appelé funk des favelas, ce genre de musique n’a strictement rien à voir avec la musique funk telle que nous la connaissons, c’est-à-dire celle de James Brown ou de Michael Jackson. Le funk carioca, c’est à l’origine la musique des gangsters des favelas de Rio de Janeiro. Une sorte de gangsta rap, mais très orienté aussi vers la fête (pour les fameuses « funk parties » organisées dans des favelas). Cette musique a très mauvaise réputation dans le pays, étant donné que musicalement elle se révèle très pauvre (elle se limite à quelques percussions et souvent au même beat) et les chants sont dans le délire « ego-trip », vantant la violence, les armes et la drogue et présentant la femme seulement comme un postérieur. C’est la musique que les jeunes mâles en manque de reconnaissance sociale font sonner à fond dans leur voiture lorsqu’ils sortent en ville.

Le funk carioca des années 1990 :

 

Le funk carioca d’aujourd’hui (admirez la qualité de la réalisation du clip) :

 

Les stars
Bon. Quand je dis stars, c’est en fait les artistes brésiliens très reconnus qui ne s’inscrivent pas particulièrement dans un style de musique propre au pays, mais qui sont considérés comme les grands de ces dernières années, très respectés et populaires, et produisant de la musique de qualité.

On commence avec Natiruts, qui m’est très cher, et qui produit une sorte de reggae-pop. Peut-être les connaissez-vous étant donné qu’ils se sont déjà produits en Europe il y a quelques petites années. Le reggae, c’est avant tout jamaïcain, mais Natiruts a su poser son emprunte brésilienne sur ce style, en utilisant des instruments comme le triangle ou d’autres percussions typiques du pays. Je vous laisse admirer ce magnifique live donné sur les hauteurs de Rio.

 

Maintenant, autre gros nom de la scène musicale brésilienne actuelle, Charlie Brown Jr. Ce n’est pas le nom du chanteur, c’est bien le nom du groupe. Charlie Brown Jr, c’est avant tout inclassable. Leur son est en effet un mix entre diverses influences, du rap au punk en passant par le reggae et le hard rock. Chorão, chanteur du groupe, et Champignon (joli surnom), bassiste, sont tous les deux décédés en 2013. Paix à leurs âmes.

 

Enfin, Emicida, de son vrai nom Leandro Roque de Oliveira, originaire de São Paulo, qui produit un rap très eccléctique, empruntant à la fois au hip-hop, au reggae et au funk carioca. Il s’est récemment fait connaître à l’extérieur des frontières du pays en signant plusieurs morceaux sur le jeu Max Payne 3 de Rockstar, dont l’action prend place à São Paulo.

 

Bonus
Voici, pour terminer cet horizon du son du Brésil, quelques morceaux que j’affectionne particulièrement, qu’ils soient actuels ou non. Obrigado e até logo !

 

 


 

Publié par Clément Da Costa le 26/09/2015 à 18h07

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