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Interview : John Butler Trio à Rock en Seine

A l’occasion du festival Rock en Seine, l’équipe de Start IT a eu la chance d’aller interviewer John Butler. On a discuté musique, francophilie et ongles.

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Ton album est un peu différent avec la présence de ton nouveau batteur, qu’est-ce que ça change pour toi quand tu écris un nouveau morceau ?

JB : C’est surtout l’ancien batteur sur le dernier album, le nouveau ne joue que sur une seule chanson; mais la différence entre eux deux, c’est que Grant connaît Byron (le bassiste) depuis très longtemps, ils ont joué ensemble pendant dix ans. Alors il y une connexion très importante entre eux deux, des racines. C’est ça la différence. Mais tous les musiciens avec lesquels je joue sont très talentueux.

 

Mais la musique que tu fais est-elle différente de l’ancien album ?

JB : Oui, ils sont tous différents je suppose. Je me pose des questions sur l’art, je ne parle pas tellement de ce qui se passe dans le monde, mais j’essaie de raconter des histoires sur ce que c’est d’être un humain. Alors ouais, c’est probablement l’album le plus intime.

 

Quel est l’album le plus important pour toi, ton groupe préféré ?

JB : C’est dur d’en choisir qu’un. Mais si on parle de groupe pour leurs performances live, je pense que ca serait Rage Against The Machine. C’est le concert qui m’a le plus marqué, qui a changé ma vie il y a huit ans à Lisbonne. Je les ai toujours aimés quand j’étais ado, mais les voir en concert, c'était vraiment incroyable. Si on parle d’album, je n’ai pas vraiment de favori. Je pense que Miss ElliottUnder Construction est un très bon album, j’aime beaucoup le premier album de Tracy Chapman ou le légendaire Bob Marley.

 

Et si tu devais n’en choisir qu’un, mort ou vivant ?

JB : Juste un ? Je choisirais… Heu.. [rires] Catch the Fire de Bob Marley & the Wailors.

 

Tu dis sur ta page Facebook que tu viens à Paris depuis dix ans et que tu as une relation spéciale avec la France.

JB : Oui c’est vrai, enfin si on excepte le fait que je devrais savoir parler français maintenant après dix ans, ce qui est un peu pathétique, vous avez vraiment été le premier pays après l’Australie qui m’a accueilli comme si j’étais un fils perdu. C’était génial, Zebra venait de sortir, on a commencé à le jouer en concert et c’était comme si le public me disait « Bienvenue à la maison ». C’était très profond. Même si vous ne comprenez pas très bien ma langue, vous comprenez très bien l’énergie de ma musique.

 

Aimerais-tu faire une chanson en français ?

JB : J’y ai pensé, mais c’est assez compliqué artistiquement parlant parce que pour moi, la plupart du temps, quand je fais un truc bon, c’est assez primaire et naturel et chanter en français n’est pas très naturel pour moi. C’est presque une raison commerciale. Il faut que ce soit une très bonne chanson, sinon j’aurais juste l’impression de faire le fayot et je suis pas sûr que vous vouliez ça. [rires]

 

Est-ce que tu penses faire un featuring un jour ?

JB : Pourquoi pas. C’est pas quelque chose que je fais en général parce que mon art est assez introspectif, je vis dans mon propre monde. Je fais la musique que je veux faire parce que je l’entends nulle part ailleurs et je veux l’entendre, c’est dans ma tête et dans mon cœur. La plupart du temps je ne pense pas aux autres, j’essaie de me débrouiller tout seul. Mais pourquoi pas.

 

Que penses-tu de la scène musicale australienne ? En France tout le monde parle de Tame Impala…

JB : C’est marrant parce que Tame Impala viennent de la même ville que moi. De manière général je trouve la scène australienne extrêmement vivante et très saine. On est que 20 millions de personnes en Australie mais je pense qu’on a tout autant de groupes qu’en France ou aux Etats Unis.

 

Tu as ton propre label, est-ce que c’est important pour toi d’être indépendant commercialement ?

JB : Je ne pense pas qu’il y ait de règles, mais pour nous c’était vraiment vital car aucune maison de disques ne voulait de nous jusqu’à ce qu’on sorte Gone et une fois qu’on l’a fait, ils sont tous arrivés. Selon moi ils étaient juste intéressés par l’argent, ils ne croyaient pas au groupe. Alors que pour moi, être responsable me permet de trouver des personnes qui croient en nous et travailler avec eux. Mais je travaille aussi avec des majors en Amérique et en France, j’ai une super équipe en France.

 

Dans le clip d’Only One, tu es déguisé en zombie, es-tu un fan de la série Walking Dead ?

JB : [rire] Non, je ne l’ai pas vue, j’aime pas trop tout ce qui fait peur. Mais ca semblait la bonne chose à faire. Je voyais Only One comme une chanson très jolie, très « I love you », mais que si je faisais une vidéo comme ça j’allais me détester. Alors je me suis dit « faisons quelque chose d’un peu moche, de drôle », une histoire d’amour pour zombies. Ce que la plupart des gens n’a pas compris, tout le monde est sur le côté dégoutant. Je suis pas sûr que ça ait été un succès, mais c’était marrant à faire.

 

Quand as-tu compris que tu voulais à tout prix faire de la musique ?

JB : Quand j’avais 21 ans, assez tard. J’avais jamais voulu faire ça, je voulais faire plein d’autres trucs. Par exemple, j’ai voulu être dans l’armée, les forces spéciales, puis être skater professionnel et puis artiste professionnel car je peins et je dessine et donc devenir un professeur d’art car je ne pouvais pas savoir si j’allais avoir ou non du succès. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis allé à l’université. Puis j’ai découvert la guitare et j’en suis devenu complètement obsédé. Enfin j’ai toujours eu la guitare, ça a été comme une vieille amie, mais jamais j’avais pensé que j’allais faire du business avec.

 

Quelle est la chose la plus folle que tu aies faite pendant un concert ?

JB : Une fois j’ai sauté sur la batterie et dès le moment où j’ai sauté j’ai su que je n’allais pas atterrir correctement du tout : j’ai fini sur le dos avec les pieds en l’air. Sinon, je fais pas trop des choses folles, plus des choses stupides. Je faisais surtout des bêtises quand j’étais enfant. Tu vois mon doigt ? Je l’ai mordu quand j’avais 18 mois. Et tu vois celui-ci ? Je l’ai coincé dans un vélo.

 

Si ce soir c’est la fin du monde, que fais-tu ?

JB : C’est assez compliqué à répondre parce que je suis loin de ma famille. La première chose à laquelle je pense c’est embrasser quelqu’un car je pense que la dernière chose que je veux ressentir c’est de l’amour, je veux sentir la chaleur et la douceur des lèvres de quelqu’un avant de mourir. Mais ma femme n’est pas là alors… Je suppose que je chercherais une jolie fille à embrasser.

 

Je me suis toujours demandée, comment prends-tu soin de tes ongles ?

JB : Je m’en occupe moi-même, j‘ai un kit à la maison pour en prendre soin. [rires] Ce sont que des grands ongles un peu moches tu sais, mais ils font le travail.

 

Que représente la musique pour toi ?

JB : Je vois ça comme un véhicule qui permet de ressentir des choses que tu ne ressentirais pas sinon, un véhicule pour s’exprimer d’une façon que seule la musique peut, un véhicule pour accéder aux souvenirs, et un véhicule pour exprimer ta détresse, ton agonie, ton mal-être ou encore ta joie, ton amour et des fois tout en même temps. C’est un peu comme du skate, ça peut être très violent [il mime une chute] mais c’est aussi magnifique. La musique peut être belle et violent ou violente et belle. C’est vraiment un véhicule magique.

 

Tu vas jouer sur la scène principale d’un des plus gros festival français, qu’attends-tu de ce genre de gros concert ?

JB : Pour être honnête avec toi, à chaque fois que je m’attends à quelque chose je suis déçu ou je suis agréablement surpris donc je ne m’attends plus à rien, en général je suis plus heureux comme ça. Parce qu’à chaque fois que je me dis que ça va être super ça ne l’est pas et quand je pense que ça va être nul c’est souvent super. Ma femme est une artiste aussi, elle fait aussi des tournées alors on se souhaite juste mutuellement de profiter du concert. C’est comme votre « merde » de bonne chance. Vas-y et fais de ton mieux, c’est tout ce que tu peux faire et soit ça sera magique, soit ça sera merdique. Mais ne te trompe pas, je suis ravie d’être ici !

 

Et pour la suite ?

JB : Jouer des concerts, écrire un album, j’ai d’ailleurs quasi fini et l’enregistrer l’année prochaine. Et dans deux jours je reviens chez moi !

 

Un classique pour finir, Beatles ou Rolling Stones ?

JB : Les Beatles car ils sont beaucoup plus dynamiques, ils ont un style si ample et de meilleures chansons.

 

Merci pour ta présence et on a hâte de te voir sur scène !

JB : Merci d’avoir pris du temps pour moi.

Publié par Alice ROZEC le 08/10/2015 à 15h37

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