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Sting au Bataclan : un an après

Il y a un an, le Bataclan est devenu le symbole d’un des attentats les plus meurtriers qu’ait connus la France. Un an plus tard, c’est dans une salle entièrement refaite du toit au plancher qu’a joué Sting pendant près d’une heure et demi. 

Ce qui nous frappe le plus en entrant dans la salle est la chaleur et le bruit. Dur de s’imaginer, après tous les témoignages et articles, une pièce aussi vivante et joyeuse. Le lieu est vite comble, le bar enchaine les commandes, les gens se prennent en photo. Après un rapide discours en français, Sting débute son concert avec une minute de silence. « Nous ne les oublierons pas », dit-il.

Le morceau de début de set a du être un choix compliqué et important, et c’est Fragile, son tube de 1987, chanson douce et envoutante qui lance le concert. Les morceaux s’enchainent : Message in a Bottle, Englishman in New York, le magnifique Desert Rose ou encore son nouveau single I Can’t Stop Thinking About You. On en arriverait presque à oublier la raison principale de notre venue, mais un rapide coup d’œil au balcon, partagé entre les familles de victimes et les officiels, tels qu’Anne Hidalgo, Charlotte Rampling, Valérie Pécresse ou encore Lou Doillon nous ramène rapidement à la réalité. Cette dernière a d’ailleurs vite décidé de quitter la monotonie de son siège pour venir danser vers la fosse, tout comme Orelsan qui n’a pas hésité à se mêler à la foule. Tout le public ce soir là ne faisait qu’un, et la bienveillance s’est faite ressentir tout au long de la soirée.

 

Sting accompagné du trompettiste Ibrahim Maalouf au Bataclan, le 12 novembre 2016 © Boris Allin / Hans Lucas / AFP

Sting accompagné du trompettiste Ibrahim Maalouf au Bataclan, le 12 novembre 2016 © Boris Allin / Hans Lucas / AFP 

 

Un morceau a cependant alimenté d’injustes discussions après coup : InchAllah, une belle chanson sur les migrants qui tentent la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie, introduite par le chanteur et bassiste comme une « marque d’humilité, de courage et d’espoir », a été très bien accueillie dans la salle, mais a fait l’objet d’un triste amalgame depuis. Autre beau moment symbolique, après deux rappels, Sting, seul sur scène, chante The Empty Chair, une balade sur la perte d’un être cher, avec derrière lui, une photo de James Foley, journaliste américain décapité par l’Etat Islamique en 2014. Cette chanson restera surement le moment le plus fort de cette soirée, durant lequel une bonne partie de la foule en a profité pour enlacer son voisin ou se tenir la main.

Autre très bonne surprise de ce concert, la présence du trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, qui a accompagné Sting et ses musiciens lors de certains morceaux et a ajouté une touche de fraicheur à la scène.

Humilité et unicité, tels sont les mots qui décrivent au mieux cette soirée, et avec tous les concerts prévus dans les semaines à venir (Pete Doherty les 16 et 17, Laurent Garnier le 24 ou encore Nada Surf en décembre), on ne peut qu’approuver le choix du Bataclan de rouvrir ses portes, car la musique est un des meilleurs remèdes à nos maux.

Publié par Ekatherina Gafarova le 13/11/2016 à 13h40

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