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Mystère-psycho-tropical: rencontre avec La Femme

'Mystère' était l'album français le plus attendu, La Femme s'inscrivant désormais comme une référence dans le paysage musical de l'hexagone. A l'occasion de leur longue tournée et avant leur concert à la Médoquine, nous avons pu rencontrer Sacha (Marlon avait disparu...) pour tenter de comprendre ce qu'il se cache derrière ce groupe mystico-psychédélique. 

 

Start IT : En 2016-2017 vous avez fait une tournée mondiale et française, un 2ème album, comment ça se passe, comment ça va ?


Sacha : Bah ça se passe et ça va. On est toujours en tournée du coup on va au moins tourner jusqu’à fin août, faire des festivals cette été et puis d’autres dates à l’étranger aussi, donc ça va.


Les Inrocks disent de vous que vous êtes le groupe français le plus passionnant de sa génération et les groupes français qu’on a interviewé vous citent, c’est une pression ou une consécration ?


Sacha : Bah ouais c’est sympa de leur part c’est clair. Après une pression pas spécialement mais bon quand ils disent « le meilleur groupe français » et qu’après on passe à la télé et que le son est un peu bancal et tout, les gens se disent « tiens pourtant on nous avait dit que c’était le meilleur groupe et en fait bah c’était pas super bien »... Du coup ils ont des attentes. Mais bon... Fin je sais pas, des fois c’est des grandes phrases comme ça qui ne veulent pas dire grand-chose, y a pas de meilleur groupe, fin si mais bon, c’est subjectif.


Vous vous exportez, comme on le disait, avec des tournées au Mexique, aux Etats Unis, au Laos, Vietnam, Hong-Kong… Qu’est-ce qui change ? Comment le public réagit à vos chansons en français ?


Sacha : Bah ça dépend, la tu parles du Laos mais c’était spécial : on était invité par l’ambassade de France donc on avait pas vraiment de public là-bas quoique quelques-uns quand même… ça dépend mais globalement ils kiffent et ils dansent même s’ils comprennent pas les paroles, ils s’en foutent, ils arrivent quand même à kiffer.


C’est un peu votre motto, on s’en fout, on danse, on chante…


Sacha : Bah la musique est universelle, y a pas besoin de connaître, contrairement à un livre ou faut savoir lire tu vois, la je sais pas, tu danses, c’est le même rythme pour tout le monde.


Du coup vous faites des tournées internationales, PNL est à Coachella, Christine & the Queens à Glastonbury… Qu’est-ce qu’il faut à un groupe français pour pouvoir s’exporter ?


Sacha : Je sais pas parce que PNL j’ai vu qu’ils étaient à Coachella et ça m’a surpris mais après on m’a dit qu’ils étaient gros la bas… Donc si tu fais un style qui peuvent les intéresser, je pense qu’il y a ça, et des fois ils aiment bien certains trucs : je sais que nous on a vu plein d’américains qui aimaient bien des trucs français un peu à l’ancienne et tout et nous on s’inscrit dans ce truc du coup ça marche. Et je pense que c’est pareil pour PNL, les américains maintenant s’intéressent à ce genre de délire du coup ça marche. Donc je pense faut ça, après y a une part de chance et y a aussi une part d’avoir le désir de s’exporter aussi. Parce que j’ai pas l’impression que ça se fait comme ça du jour au lendemain. Faut y aller d’abord, même quand on te connait pas, et puis après au fur et à mesure les gens se disent « tiens ils tournent ici aussi ». Mais nous la première fois qu’on est allé aux Etats Unis, personne nous connaissait du coup… Je pense que c’est pas un beau jour tu te réveilles et t’es une star aux Etats-Unis. Fin peut être que c’est arrivé pour Daft Punk ou d’autres groupes mais la en tout cas c’est pas ça.

 

 


Pour en revenir sur 'Mystère', vous parlez de ruptures et de tromperies, cet album est plus anxiogène que l’album précédent, selon vous ou va le monde du coup ?


Sasha : Eh bah c’est une bonne question et on sait pas, ou il va. D’ailleurs c’est ce qu’on dit dans le livret dans l’album, on se pose plein de questions métaphysiques genre « qu’est-ce qu’être bon », des trucs un peu philosophiques, et puis à la fin on dit que, finalement, on a cherché le pourquoi du comment et qu’en fait tout ça, ça reste un mystère et y a pas vraiment de réponses. C’est un peu notre conclusion quoi… C’est un peu comme quand tu fais ton devoir de philo et qu’à la fin tu dois pas dire que t’es ni pour ni contre mais un peu des deux… Mais bon je pense que… qu’il va… Fin je sais pas ou il va mais en tout cas c’est mal barré. Après y a toujours des trucs positifs quoi mais je sais pas, j’ai l’impression que depuis qu’on est nait on nous rabache « ohlala le monde… ça va être de pire en pire etc » mais j’ai l’impression que ça a tout le temps été comme ça quoi, ça dépend des périodes. Je sais pas, quand il y avait la peste et tout au moyen âge c’était des moments dures quoi. Donc la on est dans un moment comme ça, mais c’est des vagues quoi, jusqu’à ce que le monde explose – ce qui va arriver un jour.


Attardons-nous sur la pochette (qui est dingue), mais pourquoi une vulve se dessine dans les cheveux ?

 


Sacha : (pause) Parce que la vulve c’est un peu un… « travail qui est redondant dans notre travail » (prend un accent italien en rigolant). Non mais c’était cohérent. En plus nos premiers EP c’était une réplique de l’origine du monde de Courbet, avec la chatte la. Au début le dessinateur avait fait une fille de face et finalement au dernier moment il nous a dit « ah j’ai trouvé ça ! » pour le dos de la pochette et puis on s’est dit qu’on allait le mettre devant parce que c’était mieux, c’est plus pénétrant… Et le disque s’appelle 'Mystère' aussi donc c’est un peu une invitation, une porte mystérieuse et obscure (rires)

 

Si vous deviez définir votre musique en 3 mots ?


(Un autre s’exclame) : 'Psycho-tropical-Berlin'. (rires)


Logique… Et si vous pouviez travailler avec un réalisateur pour produire la BO d’un film, ça serait quoi ou qui ?


Sacha : notre propre film, ça serait le plus cohérent. Mais après de maintenant… (pause) Tarantino ça serait cool. En français on aime bien Gaspard Noé par exemple. On nous a proposé des trucs mais c’était des films chiants et c’est long à faire donc faut être à fond. Mais si on peut faire notre propre film ça serait cool.

 

Publié par Coline Poidevin le 20/01/2017 à 19h36

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